Nouveau dépot d’archives filmiques !

En septembre 2023, Sylvie Labetoulle dépose à La Mémoire de Bordeaux Métropole 4 films tournés en 9,5mm par son grand-père, Joseph Labetoulle, entre 1930 et 1940.

Elle nous raconte une histoire de famille qui traverse toute la région Nouvelle-Aquitaine. 

Joseph Labetoulle nait en 1894 à Saintes car son père, originaire de Nantiat (Haute-Vienne), est amené à se déplacer en raison de sa profession d’officier des Haras. Comme grand nombre d’hommes à cette époque, Joseph est mobilisé avec son grand frère sur la 1ère guerre mondiale.

Il est le seul à revenir, et, dans un certain état. Il passe de longs mois de convalescence, allongé au soleil, dans le château d’Ilbbaritz, à Biarritz qui est transformé en hôpital militaire dès 1914. Plus question ensuite d’exercer son métier d’origine de charpentier, il suit une formation et devient comptable au port autonome de Bordeaux. 

Joseph se marie en 1929 avec Valentine, institutrice et s’installe avec elle à Pessac. Un enfant de cette union nait en 1930 : Jean.  Malheureusement, la santé fragile de la mère l’emporte deux ans plus tard. Joseph se retrouve veuf et ne peut, à cette époque, élever seul son enfant. Le petit Jean va vivre dans un premier temps chez ses grands-parents paternels, à Nantiat, près de Limoges. De ses 2 ans à ses 10 ans, Jean est donc élevé par ses grands-parents. Son père, Joseph, fait régulièrement des allers-retours de Bordeaux et s’équipe ainsi d’une caméra 9,5mm. Il ne veut sans doute pas manquer les instants de vie de son fils qu’il ne voit pas grandir. 

En 1934, Joseph se remarie avec une riche héritière, et achète une voiture ce qui lui permet de venir davantage dans le limousin. La voiture, fierté sans doute d’une certaine ascension sociale, apparait souvent à l’image. Les premières vacances s’organisent au Cap-Ferret. 

En 1940, deuxième guerre mondiale, la France est en partie occupée par les allemands. Le père de Joseph vit mal la situation, en plus d’une santé fragile, et se suicide. Le petit Jean va donc basculer chez ses grands-parents maternels, à Limoges. Mais la guerre va également les emporter, et c’est avec son père Joseph, sa belle-mère et sa grand-mère paternelle veuve qu’il emménage à Bordeaux jusqu’à la fin du conflit. 

Pour des raisons financières, Jean ne peut pas terminer ses études d’ingénieur et rejoint son père au port autonome de Bordeaux dans les années 1950’. Il les reprend plus tard, marié, et devient ingénieur TPE à Guéret où il termine sa vie.